Cinq adolescents étaient couchés dans l'herbe, quelque chose sur le visage, et regardaient le ciel. Le premier s'appelait Jack Gavelston, il était très grand, et ressemblait de loin à un footballeur, sauf que c'était un intellectuel mordu de livres. Sa petite copine, Sarah était couchée sur lui, ses cheveux blonds flottant au vent. Les jumeaux se battaient, et on n'arrivait pas trop à distinguer, qui était qui. Heureusement que Kirsten avait les cheveux longs, sinon on les distinguerait pas l'un de l'autre. Et enfin, la dernière personne était toute petite, le teint pâle, et ne parlait pas. Cette personne, c'était Sélène Sanchez, qui avait maintenant vieilli, elle était devenue plus mature, et ces cheveux bruns lui retombaient le long de son dos. Depuis qu'elle avait quitté Drago Malefoy, quatre ans auparavant, cela n'était plus la même. L'école de Noixeau lui avait forgé le caractère, faisant d'elle une personne plus autoritaire. Bien sûr, il y avait toujours un petit grain de folie en elle, et elle ne le laissait sortir que quelques fois. De plus en fréquentes, ces derniers temps. Jack se leva, réajustant sa cape, et partit en courant. Kirsten suivi de son frère lui emboitèrent le pas.
- Nous allons rater l'avion, dit-il, en courant.
- Oui, fit Kirsten, Sissi dépêches-toi, il décolle dans une heure.
- J'arrive !
Elle allait retourner en Angleterre, et revoir son ancien ami. Elle n'avait pas eu de nouvelles, depuis son départ précipité, et cela l'attristait beaucoup. Sa vie aux Etats-Unis était relaxante. Elle n'avait pas vu les cheveux blonds de cet hypocrite de Lucius Malefoy, depuis tant d'années, qu'elle se demandait s'il n'était pas mort. Ils coururent pendant au moins une bonne demi-heure, assez vite, arrivèrent à leur appartement, quelques minutes avant que l'avion ne parte. Ce fut la course pour préparer les affaires. Mais heureusement l'aéroport n'était qu'à cinq minutes de leur logement.
Les filles suivirent les garçons en courant, avec leurs cinq valises dans chaque main. Forcément avec une durée aussi longue, elles ne pouvaient décemment laisser leur garde de robe, sans surveillance. Seule Sélène n'avait qu'une valise, elle n'était pas attirée par la mode, et dénigrait les filles qui s'extasiaient devant les vitrines de Christian Dior ou Karl Lagerfield. Avant, si elle était peut-être rester en Angleterre, elle aurait peut-être tourné comme elles. C'était si loin, le temps où elle se roulait dans l'herbe avec son meilleur ami. Elle savait juste par les journaux, que son père œuvrait pour leur ministère de la magie. Lucius avait toujours été prétentieux, et s'il avait pu être calife, à la place du calife, il l'aurait été. Mais Fudge était trop préoccupé à garder son pouvoir pour se rendre compte que Le Lord était effectivement revenu. Sélène avait senti sa présence, au mois de juin dernier. Elle redoutait le moment, où elle poserait le pied dans sa contrée natale.
Sa mère, Elecktra, lui avait annoncé, des années auparavant qu'elle n'était pas sa véritable mère, mais sa mère adoptive. Elle lui avait précisé que son père était un membre de l'Ordre du Phénix, et était un loup-garou, mais pas de naissance comme elle. Dumbledore, le directeur de la prestigieuse école Poudlard était venu lui rendre visite, pour lui demander, d'intégrer son école avec ses amis. Au départ, elle avait refusé, et puis avait fini par accepter. Il faut dire que le vieil homme avait des arguments très convaincants. Elle prendrait part à la bataille contre Le Lord. Elle évitait scrupuleusement de prononcer son nom, même par la pensée car elle savait qu'il portait malheur. La dernière fois, qu'il était revenu, elle était trop jeune mais il avait fait des dégâts irréparables, comme tuer les parents d'Harry Potter, considéré comme L'Elu. Mettre un tel poids sur les épaules de ce jeune garçon – du même âge qu'elle – était stupide. A son âge, il devait surement penser aux filles, comme la plupart de ses amis. Elle était pressée de le rencontrer.
- Alors, contente de rentrer ? la questionna Kirsten
- Je ne sais pas, répondit Sissi, perplexe
En effet, est-ce une bonne chose de revenir après tout ce temps ? De revoir ses parents ? Tant de questions bouleversaient ses pensées. Les temps étaient durs. Et les filles commencèrent à parler garçons. Sélène prit part à la conversation, disant qu'elle n'était jamais tombée amoureuse. Elle avait cru ressentir de l'amour pour Drago Malefoy, mais c'était plus de la compassion qu'autre chose.
- Pourtant, selon la description que tu nous en as faite, il a l'air plutôt pas mal, argumenta Sandra. Moi, j'ai Jack, mais il va falloir que vous vous casiez toutes les deux.
- Je n'ai pas envie d'avoir de petits amis, répondit Kirsten dégoutée, j'ai déjà un avant-goût avec mon frère. Elle fit mine de se faire vomir.
- J'y songe fortement, mais avec notre petit problème, nous ne pouvons pas nous engager dans une relation stable, dit Sélène à moitié dans les nuages, à moitié présente.
La fin du voyage se déroula dans de grandes théories de l'homme idéal, et Sélène s'assoupit. Elle rêva de tout, de ses parents et enfin, de son entrée en cinquième année à l'école des sorciers. Comment allait-elle se dérouler ? Est-ce que les autres seraient sympas avec eux, ou juste distants ? Elle ne le savait pas, et son sommeil fut tourmenté.
Venant de Seattle, ils durent changer à New-York. Ce fut la panique dans JFK. Tous les new-yorkais partaient en vacances au soleil, et certains étaient désagréables. Sélène faillit tomber plusieurs fois, et Chris le maladroit de la bande, s'étala de tout son long. Jack l'aida à se relever, en pouffant. Certes, la situation était comique. Chris était le sportif de la bande, et il était un peu écervelé. Mais le fait qu'ils étaient inséparables, était parce qu'ils se complétaient.
- Le vol en partance pour Londres est annoncé porte B. Tous les passagers sont priés de s'y présenter.
Sélène donna son billet, et la femme la dévisagea. Elle lui indiqua la direction à suivre. Comme si on pouvait se perdre dans un avion ! Ils étaient en classe affaire. Merci l'école. Visiblement, elle se retrouvait à côté d'un gros homme, et d'une pimbêche qui était au téléphone. Elle sortit son baladeur, et fredonna l'air d'une chanteuse moldue. Sélène était une sorcière, et avait étudié la magie à l'école américaine de Noixeau. Le directeur était parti en retraite, et il se trouvait que sa remplaçante vouait un culte au Lord. Ignoble femme ! C'est en partie pour ça, que la bande des cinq est partie. Après tout, il n'avait plus rien à faire ici. Sélène ne voulait pas que l'on se serve de certains de ces dons pour proclamer la venue du mal au pouvoir.
Kirsten hurla sur la jeune femme à côté de Sissi, celle-ci lui fit un geste grossier, et continua sa conversation au téléphone. Sandra lui arracha le portable des mains, et l'écrasa sous ses escarpins. Sélène crut que l'adolescente allait la gifler.
- Si j'étais vous, je ne ferai pas ça, murmura-t-elle à l'adresse de la jeune femme.
- Et pourquoi, dit-elle de sa voix criarde.
- Elle est ceinture noire de Karaté, soupira-t-elle, exaspéré avant de se replonger dans sa lecture.
Sélène lisait beaucoup, et c'est tout ce qui faisait son charme. Quelques heures après, l'avion entama une descente sur les îles britanniques. Tout le monde attacha sa ceinture, et Sélène vit Kirsten penchée sur le hublot en train d'admirer Londres. La ville était toujours aussi magnifique, mis à part qu'il faisait nuit. L'avion roulait sur la piste, et Sélène ressortit la lettre d'un certain Sirius Black.
Chère mademoiselle Sanchez,
C'est avec un grand plaisir que nous accepterions vous loger au 12, square Grimmaud, quartier général de l'Ordre du Phénix. Malheureusement, notre garde rapprochée ne pourra pas venir vous chercher, le 12 juillet, date de votre arrivée. Je serai donc présent à l'aéroport de Londres, sous ma forme animagus. Sachez, que je serai un grand chien noir, avec des poils durs. Je vous rassure, je ne mords pas. Je vous attendrai dans le hall.
Comprenez-moi, que je suis bien populaire ces derniers temps, et que je ne peux donc prendre forme humaine. Je vous suggère de mettre une laisse à votre poignée afin que je puisse vous reconnaitre.
Affectuesement, votre hôte
Sirius Black, membre de l'Ordre du Phénix, plus connu sous le nom de Patmol.
Elle rangea la lettre, et sortit la laisse qu'elle avait achetée quelques jours auparavant. Jack la suivait, ainsi que les autres, ils passèrent récupérer leurs bagages, et sortirent en direction du hall. Le chien était caché derrière les londoniens, avec un collier dans la gueule. Elle se baissa, et le caressa vivement. Et pris le collier.
- C'est la première fois, que je mets un collier à un homme, affirma-t-elle, surtout sous forme de chien.
Et ils le suivirent, afin de rejoindre le 12, square Grimmaud.